lundi 12 janvier 2009

Nostalgie

J'ai 8 ans. On est samedi matin. Je suis debout depuis 5h du mat. Aujourd'hui c'est congé. J'en ai que faire de la grâce matinée. Comme tous les chiards du primaire d'ailleurs. C'est quoi ces conneries de dormir jusqu'à plus soif quand y'a des comiques à Radio-Canada juste pour moi? Et puis, comme il n'y a que deux postes qui entrent dans ma maison des bois, quand y'a des p'tits bonhommes, c'est fête.


Parenthèse
Ça vous fesais pas chier vous autres quand Walt Disney arrivait en grande pompe avec son générique enchanteur de Fée Clochette qui spinne autour d'un majestueux château, de Mickey Mouse qui danse et de Bambi au museau trempe mais que finalement quand ça commençait, c'était toujours une merde décevante genre Daniel Boom avec son racoon sur la tête? Et pas du tout un dessin animé? Ça reste une des déceptions les plus cuisantes de mon enfance.
Fin de la parenthèse

Je me suis levée trop tôt. Il n'y a que l'horaire télé de la journée qui défile à l'écran. Phoque que c'est long. Je vais aller fouiller dans le garde-manger en attendant. Tiens, des chips. Super.

Oh! Oh! Qu'est-ce que j'entend? Ô Canada! Et y'a la mouette pis toute à l'écran! Il est enfin 6h du mat, la télé se réveille!! Pis j'ai des chips!! N'y tenant plus, je cours réveiller mon p'tit frère. Debout fainéant, t'as peut-être 3 ans mais y'a la mouette à TV, tu ne peux juste pas la manquer. Pis on a des chips, bébé. DES CHIPS.

Yves Duteil est là aussi, dans la télévision. Avec sa chanson "La langue de chez nous". Et j'aime bien cette chanson parce que mon cousin Patrick en a changé les paroles. Au lieu de dire " le fromage de chèvre et le pain de froment" il dit " le fromage de chèvre et le fumier de cochon". C'est drôle hein? C'est parce que c'est un adolescent qu'il est drôle comme ça. Moi j'en ai un peu peur alors je ris de tout ce qu'il dit.

Moi et mon p'tit frère, vêtus de nos pyjamas à pattes, on se love sur le sofa, la face dans le sac de chips et on se laisse bercer par les images qui bougent. Y'a plein de couleurs, c'est beau. Pis on a des chips.

Vers 10h, nous sommes gavés. De chips et d'images. Ce serait chouette si Papa et Maman se levaient. On va sauter sur leur lit. Mon père ronchonne à travers sa moustache, ma mère sourit et promet de lever bientôt.

Mais le bientôt il n'arrive pas vite. C'est super long bientôt quand t'é gamin tsé. Une éternité ou un truc comme ça.

On reste sage. On est le parfait modèle d'enfant. Le modèle bien élevé, super poli, même quand on se fait chier à attendre que bientôt arrive. Et même si on a vider un sac de chips, y'a pas de miettes. On est propre en plus. Pas croyable d'être aussi parfaits. Éloges.

Maman fini par se lever. Papa aussi. On mange du pain doré. Tantôt, on ira voir Mamy et Papy. Papy jouera peut-être du violon, Mamy nous sourira chaleuseurement en caressant nos cheveux. On regardera ses albums photos où les gens sont en noir et blanc. Est-ce que les gens voyaient la couleur à cette époque? Je passerai un temps fou à regarder la photo de la famille de mon grand-père. J'aurai la chienne de mon arrière-grand-père qui a une tronche de tueur à gage sur le portrait. Papy me traitera de p'tite juive en riant. Je ne comprendrai pas ce propos anti-sémite. Personne ne le comprendra en fait, même pas Papy. Ce sera une expression banale, utiliser comme ça, sans méchanceté, sans arrière pensée. J'aime quand mon Papy rit, sa dent en or brille de mille feux. Et en plus, ça fait bouger un peu son long toupet rockabilly argenté, englué dans la brillantine.

On jouera aux cartes. Peut-être que mon cousin Guillaume et ma cousine Linsay seront là aussi. Moi et Guillaume une fois, on a vu Papy se coiffer un matin: son toupet rockabilly, il est vraiment long, on en revenait pas. On en parle encore d'ailleurs, 20 ans plus tard.
S'il fait beau, on pourra même aller s'assoir sur les deux statues de lions qui trônent en bas des marches de la maison de mes grands-parents. On fera semblant d'aller vite, à dos de lion, y'a pas de limites. Et mon mien de lion ira beaucoup plus vite que celui de Guillaume, c'est certain. Y'aura des arc-en-ciel et des anges tounus.

Et des chips aussi...

lundi 5 janvier 2009

Déconnage

Alors que l'an passé à pareille date, mon team familial et moi-même nous relevions péniblement des congés de fin d'année, cette année nous sommes relativement frais et dispo. On a limité les interminables party de famille et on s'est paré de masques à gaz, de désinfectant qui sent le citron et de majeurs haut levés à la figure des gens dégoulinants de maladies. Phoque off qu'on s'est dit.

De ce fait, de réduire nos activités sociales à la plus simple expression nous a transformé en genre de famille sauvage, hivernant devant Passe-Partout jusqu'à plus soif. Si les petits y trouvaient leur compte de joie, nous les parents, extrapolions sans limite sur ce qui aurait bien pu advenir des marionnettes à l'âge adulte. En voici un bref aperçu:

Pruneau a suivi les trace de son père Perlin. Il travaille sur les chantiers de construction. Il aime la pèche, la campagne et le Journal de Montréal.

Cannelle est enseignante en 5e année. Elle a déjà 3 burn out à son actif. Constamment sur les anti-dépresseurs, elle aime beaucoup Céline Dion.

Doualé est travailleuse sociale.

Mélodie s'est suicidée à 17 ans.

Virgule, après une maitrise en philosophie, est finalement devenue zoothérapeute. Il travaille dans les hospices. Il pratique aussi la thérapie par l'art et il ne juge personne, même pas toé.

Perlin et Perline se sont séparés. Perline a racheté le petit dépanneur et organise des soirées de bingo avec Madame Coucou. Perlin s'est découvert un démon du midi et sort avec une midinette de 32 ans. Pruneau est contre. Cannelle est stone et passive.

Cachou, le fils de Madame Coucou, est juge. L'honnorable Cachou Coucou (Ok, elle n'est pas de moi. Mais bordel que c'est drôle.)

Ti-Brin, contre toute attente, n'est pas un pusher de bas-étage qui matte du matériel pornographique; il est policier. Après un vol ayant mal tourné à l'adolescence, il a voulu se ranger du côté de la loi.

Rigodon n'est pas fermier. Il a fait un pied-de-nez à la profession pour reprendre la buziness de Grand-Papa Bi à l'animalerie. Dans ses temps libres, il est chanteur country. Sa mère est bien fière.

**************

Maintenant, laissons donc ces tergiversations sur l'univers Passe-Partouyiens pour nous consacrer au phénomène Loulou.

Loulou mon fils, avec ses 3 ans et son caractère explosif. Car si, jadis, il avait toutes les caractéristiques d'un ange (ailé et souvent nu) aujourd'hui, il nous apparaît évident qu'il est d'une toute autre nature. Il a perdu ses ailes de bébé et s'est fait poussé des cornes de terrible-three. Des cornes qui piquent en plus.

Sa marotte par les temps qui courent, c'est de faire des trucs complètement étranges pour ensuite scander des " J'AI LE DROIT!"

Genre boucher la toilette avec une montagne de papier-cul. Genre grafigner des disques. Genre crier dans les oreilles du chat. Genre mettre ses doigts dans mes yeux. J'AI LE DROIT qu'il dit.

Désagréable.

Sur ces belles paroles, je vous souhaite à tous (même à toé) une année 2009 bla bla bla et toutes ces choses qu'on souhaite pour faire beau habituellement.

Je vous zaime.

vendredi 5 décembre 2008

Consécration

TRÈS chouette topo sur les Bébés Requins sur le site de Bande à Part. J'en suis restée bouche-bée.

Meilleur passe: Stéphanie qui fume une clope pour rocker.

Passe chouette numéro deux: Louis-Philippe pour l'ensemble de son oeuvre.

Mention d'honneur à la très grunge Coco so pas 60's.

Bravo mes p'tits coeurs, le résultat est génial!

Voyez par vous même:

http://www.bandeapart.fm/artistes_enrichies.asp?id=3248

lundi 1 décembre 2008

Fin de session

Je saigne des yeux. J'ai la tremblotte à cause d'un abus de café. Mes yeux cross-side me donne un air niais et ma chevelure jadis si soyeuse est laissée à l'abandon. Je ronge mes doigts. Ils m'en veulent.

Le cendrier déborde.

Je creuse mon cerveau over-gavé de matière dans l'espoir de faire jaillir une idée, un concept, un début de quelque chose de potable. Je le force à pondre des essais que je lis et que je relis et que je balance par terre d'un geste rageur. Je m'allume une clope.

Je pense à mille choses. Je fais mille choses. Je saigne des yeux.

Je vomi de la littérature.

C'est ma première fin de session.

mardi 11 novembre 2008

No use for a name

Je lis un article.
En même temps qu'on me prend pour un poney.
Être mère, c'est synonyme d'ambivalence.

Chouette article quand même. En résumé, ça dit de mettre nos gosses (au sens d'enfants parce qu'au sens de burnes, ça ne serait d'aucun utilité) en contact avec des bouquins dès leurs plus jeunes âges .

Au mieux dès qu'ils vous gratifient d'un premier méconium à l'hosto.

Et ce beau geste de notre part, élèverait nos petits coeurs au rang de meilleurs élèves, meilleurs enfants, meilleurs orateurs, meilleurs toute.

En refermant la revue je me suis exclamée, de ma voix de matriarche haute-gradée:

"Bon, les enfants, on se prend un livre MAINTENANT, ça urge. Je veux que vous soyiez meilleurs toute."

Arno, d'une docilité exemplaire depuis qu'on l'a jeté en bas d'un deuxième étage, choisi ça:



Je crois bien que mon fils aime les défis....Pas de doute qu'il sera meilleur toute.

********

Le Père Noel don't care about toué si t'as une suce

Loulou, il est amoureux.
Amoureux de sa suce.

Et comme on redoute qu'il soit bientôt affublé d'une chevaline dentition de style british, on tente par tous les moyens de lui faire comprendre que la suce, elle est bad.

Notre dernière conversation sur le sujet a fait mention du Père Noël. Le Monsieur-Bébelles, il aime pas ça donner des cadeaux aux garçons de trois ans qui chérissent des bouts de caoutchouc. Et quand on jasait de ça, Loulou avait l'air de ça:





On voit qu'il ne prend pas la chose à la légère...




Ça l'a laissé pensif...

Et au coucher, il m'a dit: "Maman, moi a pas besoin de ma suce pour faire dodo cette nuit..."

Gnak, gnak, gnak....

mercredi 5 novembre 2008

C'était l'Halloween

Alors mes lapins, vous vous êtes remis de l'Halloween?

Moi je réponds pas l'affirmative, même si à tous les matins depuis le 31 octobre, je mets les pieds sur des restants de nananes sèchés, soudés au plancher. Les enfants, complètement barges, essaient de s'en rentrer le maximum dans la bouche, en sachant fort bien que bientôt, Maman va lancer un :" Bon ben je commence à être vannée d'avoir des enfants hyperactifs au sucre, je vais couper les vivres".

C'est pas pour être casseuse de party. C'est juste que notre belle société de consommation de se contente plus de ne donner qu'un kiss de tire Ste-Catherine, une poignée de pinottes ou un pack de cigarettes Popeye. La société de consommation magasine au Dollorama et remplie le sac de nos enfants de l'équivalent de leurs poids en bonbons. Et c'est comme ça à chaque maison. À ce stade, ils en ont encore jusqu'à leurs majorités à têter la cuvée de nananes de l'Halloween 2008. Pour un gosse de 3 ans, je considère que c'est...euh...trop.

Arno nous a démontré l'étendu de son intelligence le soir de la cueillette.
Alors qu'on en était qu'à la deuxième rue, il en a eu plein le popotin de marcher et s'est exclamé:" Maman, je sais où y'en a plein de bonbons moi..."

Et moi de lui répondre: " Où donc cher enfant?"

Arno- Ben chez nous. T'en a acheter plein pour ceux qui viendrons cogner...

Il avait goddamn raison...

Pour la forme, on a encore fait quelques maisons et on est rentré chez nous pour déguster les festins sucrés et attendre les zamis déguisés.

Les zamis déguisés

On a bien eu des batmans, des princesses et un lion.

Mais on a surtout eu des kids PAS DÉGUISÉS. Bravo pour l'effort quand même...

La premier prix revient à une ado de 14 ans. Pas déguisée, elle cogne et me présente ses mains.

Moi- Euh...Oui? Tu veux-tu me vendre quelque chose?

Elle- Non, je veux des bonbons.

Moi- T'as même pas de sac...

Elle- Pas grave, mets-les dans mes mains.

Moi- T'é même pas déguisé....

Elle- Pas grave, mets-les dans mes mains.

Arno débarque à la course, heureux d'un printemps et lui rempli les mimines de bonbons.

Elle s'en va, heureuse.

Je reste l'air bête...

...



..

....




....

J'aurais dû lui faire chanter une chanson de Pat Benatar...





Prochaine fête mes lapins: NOEL. (Dit d'une voix d'outre-tombe)

mardi 7 octobre 2008

Le festival du laitte me parle.

Bordel.
Le festival du laitte me parle.

Je crois bien avoir une vacherie de malédiction ou encore un aura magnétique.
Je ne sais pas trop lequel des deux mais une chose est claire, ça relève du surnaturel mon affaire.

À priori, être entouré de gens à l'esthétique douteux ne me dérange pas le moins du monde. Je dirais même que j'en profite follement quand ça arrive. N'importe qui de sensé devrait y trouver son compte de joie intérieur en se figurant être la personne la plus mignone de la place. Ça remonte l'égo jusqu'au firmament.

Mais quand le laitte est affublé du quotient d'une canne de beans et qu'il te prend pour son ami, ça fait redescendre la joie dans les abîmes.

Coin 7e et King Est. J'attends le bububusss. Ça chill mal sale de gens pas propres à la plastique difficile. Je suis dans ma bulle. Je jase avec mes pensées.

Une fille et son mec traversent la rue en courant. Elle passe à deux doigts de se fendre la gueule sur le macadam. L'imaginant la face en sang, le nez cassé et les palettes en moins, je me dis que ça aurait probablement amélioré son faciès. Pas de bol, elle a évité la cata.

Je jase avec mes pensées que j'ai dit.

Je matte ses pieds. Gene Simmon l'aurait envié. Des machins réservés à des stars du rock on stage qu'elle a aux petons. Et comme elle est baraqué comme une gamine de 8 ans, c'est bien normal qu'elle ne soit pas capable de conduire comme il faut ses pieds. Ça lui prendrait des cours, un permis, quelques livres en plus peut-être, aussi. C'est lourd des bottes de star. Surtout quand y'a des chaînes avec des breloques en coeur qui pendent après.

Je lève tranquilement les yeux. De beaux pantalons d'armée. Roses qu'ils sont. Nanane même. Le genre de pétalon que tu ne portes pas pour aller tirer sur l'ennemi. De l'armée de fantaisie.

Son manteau, elle l'avait choisi pratique et orange.

À son bras pendant son sac à main, choisi avec amour chez Korvette. Il y avait des lilas dessus. Cette fille, c'était le paradis j'vous dit.

Cheveux gras, mi-long, lunettes croches et chevaline dentition venait coiffer le tout. Juste du beau.

Comme pour me démontrer l'étendu de son sex-appeal, elle frencha à langue que veux-tu, son amoureux, un doux gaillard aux sourcils prononcés.

Mes pensées ont dit: "Wow...C'est pas croyable de constater que j'ai plein de belles amies célibataires quand ÇA, c'est capable d'avoir un gars..."

Elle m'apostrophe de sa voix haute-perchée:

" Heille, la 9 est à quelle heure?"

Regardant du coin de l'oeil l'horaire qui se trouvait à deux pouces de son éclatant visage, je lui répondis : "Midi".

J'ai dû le dire d'une façon précieuse car elle a répété le mot de la même façon que moi en éclatant de rire ensuite.

Mince! Je suis funnée! Même quand je ne le souhaite pas.

Elle me dit ensuite: " pis lâââ, y'é qual heure?"

" Moins 5" dis-je.

Elle se gratta l'occiput.

S'écoula 10 secondes.

Elle reprit: " 11 h 55?"

"Euh...oui" que je répondis.

Elle parût satisfaite de ma réponse et s'en retourna frencher son monsieur.

C'est ça ma belle, occupe-là ta bouche. Ainsi ça me laisse du temps pour rapidement me trouver une activité pour avoir l'air occupé. Trop tard, elle revient à la charge. M'arrachant littéralement ma passe d'autobus des mains elle s'adressa à son chum: " Heille! Check ça, sa pâsse est pas pareille que la mienne?! Comment ça t'as ça toé?"

Reprenant vigoureusement ma carte, j'expliquai qu'il s'agissait de ma carte étudiante de l'université, qui fesait aussi office de passe d'autobus.

"Ayoye" qu'elle a dit d'un ton abasourdi.

Puis, la lumière des piétons s'est mise à chanter. Voilà tu-pas la demoiselle qui se décide à l'accompagner. Elle se retourne vers moi et s'écrie: " C'est de la bonne musique hein?"

Là, à ce moment là, précisément là, j'avais fucking hâte que la foutue bus arrive.

Chose qui, miraculeusement, se produisit. Je m'engouffra rapidement dans le transport en commun en évitant de la saluer. Non mais?!

Et ce qu'il y a d'hallucinant là-dedans, c'est que ça m'arrive tout le temps.

...Je suis une aimant à monde weird...

jeudi 2 octobre 2008

On veut des détails

Détaillons donc ma vie, genre pour te mettre full à jour, toi, public adoré.

D'abord, j'ai laissé faire la real cut pour getting a real job. J'ai laissé poussé mes cheveux (m'exposant ainsi à une belle repousse grisonnante qui laisse paraître mon âge, oui, mais aussi, l'étendu de mon stress qui attaque mon genre capilaire) et j'ai remit mes vêtements de punk (un chandail de Béru, c'est toujours commode pour attirer l'attention des profs qui ont jadis chanté leurs refrains entre deux pillages). Fini la couverture d'évènements municipaux au sein d'un bi-mensuel. Fini le lèchage de monde pour avoir de l'info off-the-records. Fini d'apprendre par coeur le noms des élus et de leurs douces, fini de faire des appels chez des vieux anglais snobs. Diable, j'ai plein de respect pour vous, journalistes, car c'est poche en barslak votre métier.

J'ai ressorti mes vestons troués et mes Doc Marten maganés: je suis maintenant une universitaire à temps plein.

Premier choc: Shit, y'é où le monde cool? Tout le monde se boit des cafés en causant un langage weird. Même un chandail des Ramones ne semble émouvoir personne. J'allume: j'ai 10 ans de plus que tout le monde. Ce qui veut dire scander Vive le feu! toute seule.

Deuxième choc: TOUT le monde a un portable en classe. Je suis out avec mon vulgaire crayon so 90's et ma pile de feuilles lignées Buffalo. Et qu'est-ce qui fait le monde avec son portable? Y niaise sur Facebook ou sur MSN avec leurs ti-namis qui sont dans d'autres classes. J'en reste époustouff. C'est pas tant le geste qui m'émeut mais bien le fait que t'as pu de fun à écrire une belle lettre sur papier à tes ti-namis durant ton cours, que tu plieras en original origami et que tu donneras à qui de droit à la récré.

Remember? :

Salut Miss, ça va? Moi bien.
Mon cours de français y'é tellement poche. Le prof y'é con. Y dit des mots full compliqués niaiseux genre "extrapoler".
Kess tu fais en fin de semaine? Moi je le sais pas. J'ai un kick sur Kevin, je pense que je vais allée lui demander une poff de smoke à la récré. J'ai vu qu'il fumait en cachette en arrière du secrétariat.
T-K, je t'aime full sista.
Ta best 4ever.
XXX1/2

Maintenant, ça s'écrit live, en temps réel. C'est trop de technologie pour ma nostalgie.

Troisième choc: J'ai développé un côté surnaturel à cause de mes enfants.

Je m'explique.

Kids= non stop du bruit. Pour apprendre à survivre dans pareille jungle, le parent se développe une surdité partielle automatique. Une capacité magique à faire abstraction du bruit pour se concentrer complètement sur autre chose de vachement plus important (comme par exemple écouter attentivement une chanson de Janis Martin PENDANT que ton fils te parle depuis 3 heures de ses Bakugans.) Les oreilles se bloquent d'elles-même, l'esprit fout le camps ailleurs. Et c'est surprenamment facile et naturel. Même pas besoin de se forcer.

Ainsi, quand un professeur dit des affaires de même:

"Comme le portrait compromet le modèle, comme la simple présentation est déjà amorce de changement, comme l'oeuvre d'art, prise dans la totalité de ses exigences, n'est pas simple description du présent, mais jugement de ce présent au nom d'un avenir, comme tout livre, enfin, enveloppe un appel, cette présence à soi est déjà dépassement de soi. L'univers n'est pas contesté au nom de la simple consommation, mais au nom des espoirs et des souffrances de ceux qui l'habitent. Ainsi, la littérature concrète sera synthèse de la Négativité, comme pouvoir d'arrachement au donné, et du projet, comme esquisse d'un ordre futur.*"

Mes oreilles se bouchent tout naturellement. Ma tête s'enfuit vers un monde meilleur bordé d'arc-en-ciel et d'anges tounus. Je dois donc solidement me couvrir de baffes pour rester concentrée. Je dois rééduquer mes sens. Hooooon, le beau défi...

Quatrième choc: Je traumatise tout le monde avec mon statut de mère. Ça crée une barrière psychologique entre mes camarades de classes et moi, persuadés qu'ils sont, que je vais leur faire la morale parce qu'ils disent des gros mots et font la fête. C'est quand même très drôle.

Cinquième choc: Non, pas de cinquième.

Sixième choc: Je redécouvre la littérature de notre bon vieux terroir québécois et c'est pas si mauvais en fin de compte. C'est tout plein de bondieuseries et de défrichage. C'est bien de constater que, comme les tampons Playtex, on évolue.





Te voilà maintenant à jour, public, de mes aventures aux pays de la grande école!

Générique.







* Jean-Paul Sartre "Qu'est-ce que la littérature?" ( mais vous le saviez tous hein?)

mercredi 1 octobre 2008

Festival

Bon, bon, bon.
Je vous entends ravaler des sanglots, telle une bande de fillettes pré-pubères à qui l'on aurait volé les sucettes et promis un show de Janet Jackson.
Vous avez de la peine.
Je vous néglige.
JE LE SAIS.
Shame on me.

Et pour être franche, je n'ai pas vraiment d'excuses. Je vous néglige par pure paresse. Parce que je suis trop lâche pour me laisser aller les doigts lousses su mon kiborde. C'est tu pas écoeurant...

Aujourd'hui, c'était jour de fête.

Si!

Je me suis rendu compte de la chose quand m'en allant pénarde prendre mon bus direction la grande école de l'élite (que ma prof de chansons ne cesse de nous répèter: "vous êtes l'élite" qu'a dit), j'ai croisé une personne, ma foi...fort laide.

"Tiens, quelle personne laide" que je me suis dit.

M'en formalisant le moins du monde, je retournai à mon occupation du moment, soit taper du pied d'un air impatient et travailler mon expression facial pour avoir l'air d'une fille vachement tannée d'attendre le transport en commun.

Une autre personne très laide passa devant moi.

"Tiens, c'est un spécial deux pour un sur les laids" que je me suis dit.

Vint ensuite un vieux type avec seulement qu'un oeil (l'autre sortant de son orbitre et regardant sud-est comme pour démontrer l'étendu de sa fausseté) qui me souhaita le bonjour.

"Mais bonjour monsieur! Vous faites partie du deal vous, c'est certain!"

Ne comprenant pas trop de quoi je causais il en profita pour saluer un autre passant, passant qui, en plus d'être atteint de nanisme, n'avait qu'un seul oeil lui aussi.

Et c'est c'est à peu près là que j'ai comprit. J'ai comprit que c'était aujourd'hui le festival du laitte. En fait, j'ai allumé complètement quand arriva un mec des plus amoché qui semblait ramper plutôt que marcher.

Toute fière de ma théorie, ça a mit de l'entrain dans ma journée.

Bon festival du laitte tout le monde. Sachez que ça chill pas mal fort coin King Est et 7e Avenue.

******


Bon...Je sais que ça craint comme texte soulignant mon retour. J'aurai des commentaires négatifs de ma coach-critique qui va me dire "ouain, pas fort"...Mais ce texte, c'était surtout pour faire savoir que je suis en vie. Et qu'à un moment donné, si vous êtes sages, je vais revenir vous divertir avec mes belles histoires pour vous endormir.

D'ici là, y'a plein de nouvelles émissions à tv.

xxx

samedi 20 septembre 2008

Félicitations!

Hani court beaucoup.

Hani va à l'école (pas avec son chien Fido par contre...)

Hani étudie.

Hani lit (ça oui alors!)

Hani n'a pas le temps d'entretenir un beau blog en santé.

Mais Hani aimerait dire full FÉLICITATIONS au créateur du lapin pour la finalement venue de son ti-beubé!!!!!!