De zéro à un an, c'est la période juteuse. Le machin braillard qu'est le bébé ne fait, en principe, que suinter par tous les orifices de son corps. Vomi, bave, couches pleines, débordements, c'est dégueulasse. L'incroyable magie opère à ce stade quand on se rend compte que les parents ne s'en formalisent pas pour autant. On appelle ça de l'amour inconditionnel.
De un an à deux ans, le bébé fait de remarquables progrès. Il apprend à marcher, à parler, à taper dans un ballon et à inévitablement viser les escaliers pour se garocher dedans comme si demain n'existait pas. Cette période touche-à-tout oblige les parents à recouvrir toute la maison de trucs-muches-matelassés pour éviter des catastrophes. C'est anti-esthétique.
De deux ans à quatre ans, le bébé se transforme en enfant. Les parents n'en croient rien même si ça leur saute au visage quand ils croisent des bébés-pour-vrai dans des poussettes au centre d'achat. C'est la période du "je", du "non" et du "pourquoi". Ça fait pleurer d'exaspération les mamans. Les papas, plus fort émotionnellement, boivent néanmoins plus souvent.
À cinq ans, l'enfant a voyagé mers et mondes. Il connaît ABSOLUMENT tout. Si ça n'avait été d'Isaac Newton qui lui a damné le pion, c'est lui qui aurait découvert la gravité. Impossible de lui en apprendre, l'enfant de cinq ans est une encyclopédie sur pattes. Toutes vos belles paroles d'enseignement portées à son égard seront conclues par un: "ben, j'le savais voyons!" de sa part. Complètement marrante, cette période donne des maux de ventre atroces aux parents qui n'en peuvent plus de rire de bon coeur des théories à grand déploiment de l'enfant de cinq ans. Perpétuellement crampés, ils se disent que ça valait bien la peine de passer par tous les pénibles stades (la période juteuse, la période matelas, la période gossante/papa-est-encore-saoul) pour en arriver à ça.
Deux exemples de théorie d'un gosse de cinq ans
Maman et ses deux poussins sont en voiture. La route est longue, il fait nuit. Ils croisent un type, pissant à tout vent sur l'accotement, près de son véhicule garé. Les quatres flashers se font aller, éclairant le jet d'urine dans la noirceur.
Maman: Une grosse envie le monsieur...
Lecinqans: Il fesait pas pipi le monsieur tsé...
Maman: Ah non? Que fesait-il donc ma foi?
Lecinqans (avec un ton chiant) : Il vidait sa voiture. C'est parce qu'il avait mit trop d'essence dedans. Tsé maman, tu devrais faire attention quand tu vas mettre de l'essence, ça pourrait t'arriver à toi aussi de trop remplir ta voiture. Et tu serais obligé de t'arrêter sur le bord du chemin en pleine nuit pour la vider toi aussi.
Il y croit dur comme fer.
Maman: Oh! Dans ce cas je vais faire TRÈS attention.
Exemple numéro deux
Lecinqans est persuadé et tiens mordicus à ce que ça nous rentre dans la tête que quand on sort de la ville de Sherbrooke, tout le reste du monde c'est Valcourt, c'est tu clair?
Ainsi, la vrai de vrai version de la map monde c'est ça.

Prière de mettre vos atlas à jour.