mercredi 18 juin 2008

Veut faire pipi Mamannnnnnnnn!!

Par les temps qui courent, je redécouvre un truc complètement abominable que mon cerveau avait relégué au département de l’Amnésie, et ce au même titre que coller sa langue sur un poteau de métal gelé à quatre ans, la désagréable sensation qu’on éprouve quand on nous oblige à nous asseoir sur le Père Noël à six ans, faire rire de soi dans la cours d’école, accoucher ou encore désinfecter à l'alcool un bout de nombril mort de nouveau-né (merci à Jérôme pour le rappel).

Ces temps-ci je redécouvre...(attention, taratata de tambours SVP).. les joies de mettre un enfant propre!

J’avais oublié à quel point c’est la poisse total.

Et si c’était reclus très loin dans ma zone cocoïdale c’est qu’il y a maintenant belles lurettes que mon grand de 5 ans s’essuie la foufoune tout seul. Qui plus est, il ne me réclame plus à grands cris pour que je l’asseye sur le siège de toilette. Maître pompier, Arno arrose maintenant debout. Et il vise bien.

C’est donc une redécouverte pour moi que de me faire gueuler dessus à tout heure du jour et de la nuit pour une affaire de trois gouttes qui, à première vue, semblait tout désigné comme étant un code rouge d’urgence terrible. Ce qui me porte à estimer que les petits qui deviennent propres, c’est comme les femmes enceintes : ça fait pipi aux 15 minutes et le résultat est toujours décevant.

Le pire je crois bien, c’est quand vient l’heure du dodo.

Pas encore expert dans l’art de se retenir sur une très longue période, Loulou porte élégamment la couche pour son cycle de nuit. Sauf qu’une fois bercé, dorloté, gavé d’images de camions, bordé et prêt à s’abandonner à Morphée, je ne fait que commencer à avoir du fun...

« Veut faire pipi Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan! »

Et il persiste et signe même si deux minutes plus tôt, assis sur la pissotière, il poussait bien haut la note dans une chanson à la gloire du pipi qui quittait son corps pour s’en aller au Pays des Pipis, là où tous les pipis de la vie sont enfin réunis …

Ainsi, je monte le chercher. Je lui enlève sa couche, l’assois sur la toilette.

Deux gouttes.

Je lui remets sa couche, je l’installe confortablement dans son lit, entre son ourson et sa doudou défraîchie, je le borde et je m’en vais. J’ai juste le temps de m’asseoir avant de réentendre :« Veut faire pipi Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan! »

Et la blague peut s’éterniser comme ça durant une bonne heure. Vous conviendrez donc avec moi qu’elle peut s’avérée dépassé un moment donné. Un peu comme quand on se fait chanter Pète pis Répète s’en vont en bateau, Pète tombe à l’eau qui qui reste une bonne quinzaine de fois. Ça peut devenir franchement agaçant.

Quand enfin la loutre qu'est Loulou s’endors, me laissant le loisir d’enlever la broue de mon toupet et de constater que ma mèche a été franchement écourtée, il est presquement l’heure pour moi d’aller au lit.

La suite de mon histoire est tellement prévisible. À 2 h du matin, c’est inévitable qu’un retentissant « Veut faire pipi Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan! » me tire brusquement du sommeil.

Et c’est en toute conscience de la non pédagogie des mots qui risquent de sortir de ma bouche que je me mord les joues pour ne pas gueuler « Ben fais-le dans ta couuuuuuuuuuche! »

vendredi 6 juin 2008

Anarchy in the 3e âge

Je vais vous dire un truc : personnellement, j’estime que les grands-parents sont de grands anarchistes.

Absolument.

Il faut les voir à l’œuvre, cette bande de délinquants, c’est du joli.

Rien qu’à voir à quel point la bonbonnière est remplie, comment luit l’étincelle de la moquerie dans leurs yeux, comment ils peuvent passer de 55 ans à 5 ans en l’espace d’une nano-seconde, on se doute bien que nous, simples parents, allons nous en faire passer quelques petites vites dans le dos.

Et même si à grands coups d’avertissements sérieux avec en prime le sourcil relevé de sévérité, on leur explique le sens de la vie à ses délinquants du troisième âge, ils s’en balancent comme de leurs dernières chemises.

Des fous-dangereux.

Voyez par vous-même le tableau.

Maman- Merci beaucoup de garder les enfants pour le week-end! Juste avant que je quitte, j’aimerais seulement d’aviser de quelques trucs. D’abord, le sucre du XXIe siècle fait des ravages sur le comportement des enfants. PAS DE SUCRE.

Mamy- Pas de sucre, c’est noté.

Maman- La routine est très importante pour eux, tu te dois de la respecter à la lettre. Alors pour les deux, c’est le bain à 19h. Tu couches le bébé tout de suite après en lui racontant une histoire et en lui donnant un biberon de lait. Le plus grand a droit a une collation devant un épisode de Passe-Partout pendant ce temps. Son heure du dodo est fixé à 20h. Une histoire est requise.

Mamy- Compris.

Maman- J’essaie de mettre bébé propre alors je t’ai laissé des couches-culottes…au cas où. Il en porte une en ce moment.

Mamy- C’est bien.

Maman- Pour les repas, essaie de t’en tenir au guide alimentaire canadien.


Mamy- Évidemment.

Maman- Bon, s’il a quelque chose, tu peux me rejoindre à la maison sauf ce soir, je serai au théâtre, attends, je dois bien avoir le numéro quelq..

Mamy- Ça va, j’ai déjà eu des enfants je te rappelle.

Et en me disant cela, elle ouvre la porte en me poussant dans le dos, juste comme j’allais lui parler du tempra dans la poche gauche du sac à couche, du thermomètre dans la même poche, de ne pas oublier de leur brosser les dents, du numéro d’info-santé qui est dans la poche droite d…Bref, je me fais virer.

Et sitôt la porte fermée, j’entends la Mamy s’écrier d’un ton joyeux : « Maman est partie! Tournée de popcycles!!» suivi d’un « pour dîner vous préférez la pizza ou les hot-dog? Bah, je vais faire les deux » et aussi j’entends : « ce soir, on se couche à pas-d’heure, j’ai loué un film de monstres » et cette surprenante phrase : « Bébé, on s’en va jouer dehors, enlève ta couche, tu feras pipi dans l’herbe . »

Si c’est pas de l’anarchisme pur et dur ça mes amis…

lundi 26 mai 2008

Un troisième

Chéri, je suis prête.

J'en veux un troisième.

Oui, oui, un troisième.

Je sais bien que déjà avec deux, on trouve ça difficile parfois. Ils nous demandent du temps, ils nous coûtent de l'argent, ils salopent la maison, ils chialent souvent et c'est bien rares qu'ils nous disent merci...

Mais l'amour, mon Amour, l'amour...

Imagine-toi les dimanches matins, toute la grande famille blottie dans le lit, juste ensemble. L'harmonie, la douceur, les rires. Les dimanches matins, y'a pas à dire c'est salement chouette.

Oui Chéri, j'en veux un troisième.

Un tout petit être avec qui, au début, je pourrais partager mon oreiller. Amoureusement collé contre moi, sa maman. Tout petit, tout petit.

Et qu'à chaque jour, on ne pourrait que s'extasier devant ses progrès, ses mimiques. Je l'aurais constamment dans les bras c'est certain.

Dis oui mon Amour, on agrandit la famille. Je suis rendue là dans ma vie.

Et puis, depuis un moment, je cogite des prénoms pour lui dans ma tête. Mon choix s'est arrêté sur Jésus.
Oui, je sais, c'est lourd à porter comme prénom. Mais n'y a-t'il pas un joueur de hockey qui s'appelle Satan?

De toute façon, pour un chaton, avoue que ce serait parfait...

mercredi 21 mai 2008

Loto-Clinique

Hier, j'ai joué à la loto.

Loto-Clinique que ça s'appelle.

Du gros fun sale.

Qu'est-ce qu'on gagne avec ça vous demandez-vous d'un air intrigué? On gagne un quinze minutes en tête à tête avec un médecin dans la journée même.

En voulez-vous du chalenge? Ça en est tout plein ça. Et au même titre qu'un gratteux, il y a un risque de s'abimer les doigts.

Loto-Clinique, ça se joue à la Clinique Saint-Vincent à Sherbrooke. Cette clinique, je l'ai eu dans ma face à tous les jours pendant 3 ans, elle était ma voisine d'en face. C'est pratique une clinique sans rendez-vous de l'autre côté de la rue: tu traverses, tu t'inscris, tu reviens à la maison, le temps d'écouter les Saisons de Clodine et Ricardo, et tu y retournes avec un air baveux. En moins de deux, c'est ton tour. Ça fait chier tout le monde. Persuadés qu'ils sont, le monde, que tu les bypass.

C'était le bon temps.

Et il n'est plus.

Fini ce temps où il fesait bon perdre une journée complète dans une salle d'attente en compagnie de deux-trois vieux à moitié cassés, d'une couple de matantes hystériques et d'une floppée de braillards morveux: la clinique vient d'instaurer un nouveau système. Dès 8h, la ligne téléphonique est ouverte et on prend les appels jusqu'à ce que les cases disponibles de rendez-vous de la journée et de la soirée soient complètent.

Et va pas te montrer la face là en live, Johnné, tu seras viré.

Mais Hani, grande dame de la perte de temps, où est le chalenge?

Le chalenge, mes p'tits coeurs, c'est d'avoir la ligne bâtard!

À 7h56, j'ai fait un premier appel, juste pour avoir le numéro en mémoire sur mon téléphone. Parce que, heille Johnné, tu vas quand même pas pitonner le numéro à chaque fois hein? Redial, ça devient ton ami.

À 7h57, je regardais mon téléphone, le doigt prêt et j'entendais mentalement des bagnoles de courses juste avant le départ. Un bruit de rinçage de moteur. Je suis persuadée que le tout-sherbrooke-malade-qui-voulait-une-place-à-St-Vincent entendait la même chose dans sa tête, le doigt aussi prêt que le mien sur leur bouton redial. Peut-être pas aussi. Peut-être que c'est juste moi qui entendait ça.

À 7h58, n'y tenant plus, j'ai pesé sur le piton.

En même temps que le tout-sherbrooke-malade-qui-voulait-une-place-à-St-Vincent.

Alors, dans ma tête, les bruits de bagnoles qui se rincent le moteur se sont transformés en bruits de carambolage. Tout le monde est parti en même temps. Ça a fait kapout.

Engagée qu'elle était la ligne.

Grrrrrr.

Dans un cas comme celui-ci, pour avoir la ligne, l'important c'est de se faire une routine: peser sur le piton "Talk", peser sur le piton "Redial", écouter, sacrer, repeser sur le piton "talk" pour raccrocher. On fait ça à la vitesse de l'éclair et on ne prend pas de pause.

Ok Johnné? Pas de pause, sinon, c'est une matante hystérique qui va avoir la ligne.

Un moment donné j'ai voulu gagner encore plus de temps, j'ai sauté l'étape de l'écoute: j'ai monté le volume de mon téléphone au maximum afin de bien entendre sans avoir à me coller l'oreille sur le combiné.

Mon deuxième nom, c'est Efficacité.

Il faut toutefois faire attention avec la routine. Parce qu'une fois qu'elle est bien ancrée, il se peut que tout d'un coup la ligne soit libérée mais que votre doigt, par habitude, pèse sur le piton pour raccrocher. Et ça, ça ne fait pas que faire sacrer, ça oblige aussi à aller frapper sa tête sur un mur et à s'en vouloir pour toute la vie. Toute la vie, Johnné, penses-y.

Je dis ça comme ça parce qu'à 8h06 très exactement, au lieu d'entendre le son crissant d'une ligne engagée, j'ai entendu une sonnerie. Et que mon index, il a bien failli peser sur "talk". Je l'ai engueulé solide pendant qu'on me mettait en attente.

J'ai eu un rendez-vous pour 11h15. Il était 8h06. Les visites débutent à 9h, c'est quinze minutes du malade. J'étais finalement la 10e chanceuse à gagner. À ce rythme-là, à 9h, la journée et la soirée sont déjà bookées. Pas de bol pour les vieux à moitiés cassés qui ne sont pas trop rapides sur le piton.

Bon, alors, tout ça pour dire que j'ai gagné à loto-clinique et que Arno, il fait une otite.

lundi 12 mai 2008

Je me bidonne

Ce serait d'un égoïsme extrême que de garder jalousement ceci pour moi seule.



Tous les ingrédients sont réunis pour me faire faire pipi dessus: Le chat surprise, la belle nouvelle, la fillette en pleurs, la fête à l'eau.

jeudi 8 mai 2008

De mauvais goût

Arno: Maman! Maman! Devine ce que j'ai fait aujourd'hui à la garderie?

Maman: Heu... Attends... T'as recréé une version pour enfants de la comédie musical Grease?

Arno: Non? J'ai fait de la crottinette!

Maman: De la crottinette? Vraiment?

Arno: Oui, oui, Maman, de la crottinette!



Bon.

Parlez-moi de ça une garderie scatophile.

vendredi 2 mai 2008

La parole est à Arno

Je veux du jus.

Du jus qui pétille.

Mes parents, c’est ça qu’y z’ont trouvé comme alternative aux boissons gazeuses. Jus 100% pur + eau Perrier.

Je n’y vois que du feu.

De toute façon, je ne sais même pas ce que veut dire ‘alternative’.

Ni même l’expression n’y voir que du feu.

Du feu, y’en a sur ma piste Hotweels.

Je veux du jus.

Mais Maman n’écoute pas.

Elle s’époumone sur une chanson bizarre au lieu de m’écouter. Ça fait genre : ‘Let it be, let it be, let it be’.

Je la regarde faire, ma mère, la mienne à moi que j’ai.

Faire le souper et me répondre sur le même air que Let It Be : ‘Au souper, au souper, au souper, au souper, t’auras du jus qui pétille au soupééééééééééééééé ÉÉÉÉÉ’ (Notez qu’elle est montée hyper haut dans les aigus là, ma mienne de mère)

J’aimerais bien connaître Tom Waits pour pouvoir le citer.

I don’t want to grow up.

C’est très fâchant que je ne connaisse pas encore ce Monsieur. Car c’est réellement ce que j’aurais envie de dire.

C’est bizarre les vieux.

Je suis tannée de l’entendre chanter ma mère.

Je veux zuste du zus qui pétille.

Un grand verre, maintenant, juste avant le souper. Je m’en fous moi de ne plus avoir faim après.

C’est donc ben compliqué pour rien être un adulte.

I don’t want to grow up.

Peut-être un peu au fond. Asser en tout cas pour être capable de me le faire moi-même mon jus qui pétille.

En cachette.

Dans son dos…

Mais comme elle est rusée comme un singe, elle découvrirait sûrement mes plans.



… ….

Bof, je n’aurai qu’à lui répondre :

‘Let it be, let it be, let it be….’

mercredi 30 avril 2008

C'est zéro

Vous savez quoi?

Et bien, à chaque fois j'assois mon popotin devant c't'engin d'ordinateur dans le but de vous entertainer le public, il ne se passe rien. Ma tête décroche et je n'ai que des paroles de Julie Masse qui me traversent l'esprit.

C'est zéro. (C'est zéro, c'est zéro, c'est zéro, en echo)

Affreux, affreux sentiment.

Affreuse, affreuse époque que celle de la gloire de Julie Masse.

****

Hier, pour faire plaisir à Arno, j'ai écouter le hockey avec lui.

J'ai vomi.

Vous trouvez ça normal que tous les éducateurs de la garderie ne parle que de hockey aux gosses? Créant ainsi un évident engouement de la part des tous p'tits pour un affaire de puck et de tapage de yeules?

Désastreuse conséquence que celle de se faire faire une crise par son kid en plein magasin parce qu'on ne veut pas acheter la saloperie de drapeau des Canadiens à mettre sur le char.

Mais, je m'emballe là...

Quand on y pense, ce devait être la même chose quand Star Épidémie battait son plein, non?

C'est correct Bébé, si les Canadiens gagnent la patente, promis, on ira foutre le feu à un policier.

***

J'ai réaliser un truc par rapport à Arno.

Moi je passe ma vie, ma vie de belle stressée, à dire à mon fils de se dépêcher.

"Vite! Vite! Vite! Dépêche! Dépêche! ON VA ÊTRE EN RETARD!!!"

Et mon amoureux, soit le père du dit Arno y va toujours d'un: "Attends un p'tit peu là, attends un p'tit peu, ATTENDS J'AI DIT!"

Torieux.

C'est ben mèlant.

***

Deux fois en deux mois, je me suis fais dire que je ressemblais à Annie Dufresne.

Le monde en fume du criss de bon.

***

Il me semble que je n'arrête pas de sacrer depuis une semaine.

C'est de la faute de mon père qui m'a trainer de force dans le bois pour l'aider à désentailler son érablière. Du coup, j'ai adopté un langage de bûcheronne.

Je ne vous dis pas comment je me retiens de vous raconter une couple d'histoires salées que je terminerais par un gros rire gras.

***

Maintenant, avec tout ce que j'ai déblatéré de non-intéressants aujourd'hui, on peut réellement constater que c'est zéro (c'est zéro, c 'est zéro, c'est zéro, en écho)

mardi 15 avril 2008

Goodbye to romance

Il semblerait que la douce romance entre Catherinette et Arno tire à sa fin. Fini les allons-jouer-dans-le-coin-ensemble, fini les je-te-fais-un-calin-juste-de-même, fini aussi les moi-Catherine-je-l'aime-gros-comme-le-ciel.

Arno m'a expliqué: c'est la faute à Catherine.

La demoiselle est allée en vacance deux semaines aux USA. Fallait quand même pas qu'elle s'attende à ce que tout redevienne comme avant, à son retour. Deux semaines quand on a cinq ans, c'est l'équivalent d'un an et demi en temps d'adulte. C'est bien trop long pour la fidelité. Pas de temps à perdre que Arno s'est dit.

En allant le porter ce matin, y'a Rose, vous savez Rose? Non, vous ne savez pas, je ne vous en ai jamais parlé. Et pour cause, même moi j'ignorais l'exixtence de cette petite princesse à nattes. Et bien qu'est-ce qu'elle a fait Rose? Un calin d'AMOUR à mon fils. Une grosse caresse, collée-collé (bon, je viens de mettre une chanson de la Compagnie Créole dans la tête de tout le monde, avouez).

Maman- Vous êtes qui vous?

Rose- Rose

Maman- Et par rapport à mon fils, vous diriez que vous êtes quoi? A) une amie, B) juste un fille de même qui veut faire chier Catherine ou C) vous êtes sincère dans votre démarche et aimez réellement mon fils?

Rose- Moi je suis l'amoureuse de Arno parce que Jacob veut pas que je sois son amoureuse

Maman- Tu veux faire chier Jacob si je comprends bien?

Rose- ...

Maman- Et tu utilises le petit coeur vierge de douleur de mon fiston pour le faire? C'est pas bien ça.

Rose- ...

Maman- Quand il aura de la peine parce que tu l'auras blessé avec ta technique vengeresse, qui tu crois qui sera pogné pour lui expliquer que des filles c'est compliquées? Hein ? Hein? Qui tu penses?

Arno- Maman...

Maman- Non, toi mèle-toi s'en pas. C'est entre moi et Rose que ça se passe.

J'enlève mes mitaines. Un son de cloche retenti de je ne sais où. Rose a décidément un teint blême... Je m'approche de la gamine, le regard en feu et...

Ben non. Il ne s'est rien passé de tout ça.

Si elle avait eu huit ans, peut-être...

Donc, Arno a une nouvelle amie. Mais ça ne durera pas, hélas. Arno a eu le malheur de dire: "Rose, toi tu es mon amoureuse, comme Maman, c'est l'amoureuse de Papa" Et elle l'a regardé froidement l'air de dire: "Kewa? Tes parents sont encore ensembles? C'est tellement out, pff..."


Pendant ce temps, du côté de Loulou

Petit bonhomme, en galopin qu'il est, a fait une virée dans ma boîte à maquillage. Il s'est barbouillé l'oeil droit en jaune et bleu, ayant pour résultat qu'il a l'air d'une guedoune-travelo des années 80. Conséquences: j'ai follement envie de lui monter un chorégraphie sur une pièce de Donna Summer.

Mais plus je le regarde, plus je me dis que je n'ai pas de telles couleurs dans ma palette de fards à quenoeil. Diantre!? Loulou? T'as un oeil au beurre noir? Tu t'es battu?



Loulou- Naooooon. Lé ché Guennvieuvvv avekk les zautos.

Maman- Tu t'es fait frapper par une voiture chez Geneviève? C'est ben heavy cette place là?!

Loulou (en riant, c'est déjà ça) - Non MAMAN! Lé ché Gueunnevieuuuuvv avekk zé autooooos bon!

Bon, après discution avec Gueunevieuvvv qui n'a apparemment rien vu d'un tel carnage de bagnoles dans la face de mon bébé, j'ai juste dit: "eh ben!" et maintenant j'attends.

J'attends que le look de guedoune-travelo des années 80 s'en aille.

C'est parce que c'est long.

C'est parce que tout le monde me matte comme si j'avais filé moi-même un coup de poing dans la face du Loulou. C'est parce que si ça continue comme ça, je vais acheter une palette de fards à paupières de la même couleur que son beurre noir et que je vais maquiller l'autre oeil. C'est parce qu'en plus d'être drôle, les gens me prendront pour une folle qui maquille son bébé au lieu de me prendre pour une folle qui le bat.

C'est parce que j'aimerais mieux ça...

jeudi 10 avril 2008

LA question

Vous savez, plus les enfants grandissent, plus leurs questions deviennent pertinentes.

Prenez Loulou par exemple.

À deux ans, ses questions sont de la p'tite bière à côté de celles qu' Arno me pose.

Exemple:

Loulou (la morve au nez): Où Papa?

Maman: Il vient de terminer son travail, il doit être en route pour la maison.

Loulou (la morve au nez): En bububussss?

Maman: Oui, en bububussss.

Loulou (la morve nez et visiblement satisfait): Ok

Ensuite, il me fait un calin et je me transforme en mouchoir géant.

Mais là n'est pas mon propos.

Avec Arno, ça se transforme souvent en traité philosophique sur Jésus, la mort et...

Vous savez bien...euhm... euhm...

L'affaire là...

Et oui mes canards, c'est arrivé, j'en tremble encore.

LA question m'a été posée. LA question que tous les enfants finissent un jour par se poser, dans leurs petits esprits curieux et à la limite pervers. Et ils sont tellement sournois qu'ils vous la balancent en plein repas, entre deux bouchées de pâté chinois, vous laissant rougissant, mal à l'aisé, sous le regard amusé du conjoint qui semble dire " Haha, démerde-toi avec ça! Haha"

Oui, oui, mes canards, LA question...

Arno: Mamaaaaaaaaaan...

Maman: Quoooooi?

(Vous avez remarquez la singularité du ton que mon fils prend quand il veut me demander quelque chose? Ça n'annonce rien de bon)

Arno: Pourquoi moi, je ne joue pas au hockey?

Et là, j'ai franchement déglutie mon pâté chinois de travers.

Que voulez-vous répondre à ça hein? Que nous parents, n'avons aucune envie d'aller passer nos samedis matins dans des estrades, à se battre avec d'autres parents fanatiques, qui tapent des yeules pour des histoires de puck? Que de dépenser des centaines de dollars en équipement qui finira par sentir le vieux-p'tit-canard ne fait pas parti de nos plan de vie? Que de seulement entendre parler de ce sport nous fait faire des malaises gastriques?

N'importe quoi fiston, n'importe quoi, le soccer, le karité, la natation, le curling, le lancer du javelot, la danse,les quilles, le cirque, ce que tu veux, mais pas le hockey.

Tes parents ont franchement un blocage psychologique avec ce sport.

Maman: Pourquoi tu aimerais jouer au hockey Arno? (et qui diable t'en a parlé que j'aille faire un meeting avec?)

Arno: Parce que Jérémie à la garderie, les éducateurs lui demandent toujours s'il a regardé le hockey à télé.

Maman: Et?

Arno: Ça veut dire que Jérémie, il passe à la télé parce qu'il joue au hockey?

Maman: Euh..non?

Arno: mais moi aussi je veux passer à la télé.

Maman: Ah bon! Toutes ses histoires de hockey et cette bonne frousse refilée à ta mère c'était un trip de voir ta bine à l'écran? C'est pas en hockey qu'il faut aller mon bébé, c'est en théâtre saprebleu!

Je lui ai donc proposé d'aller faire du vélo. J'ai filmé le tout.

Et maintenant, je n'ai plus qu'à lui montrer sur écran ce que ça donne.

À la limite, je m'en suis bien tirée non?

Maintenant, j'attend l'autre question. Oui, oui, celle-là...



Comment on fait des bébés Maman?