lundi 28 juillet 2008

Rock et parentalité: un duo qui fuck le chien

J'ai survécu à mon passage sur scène en compagnie des Bébés Requins. J'ai fait une petite chansonnette sympathique, fait danser mes pieds et j'ai aussi eu chaud. Je me suis gaver de barbe à papa et je n'ai même pas utilisé tous mes coupons de bière gratos. Bien que j'ai eu bien du plaisir à participer à cette carte blanche, je suis forcée d'admettre une chose: rocker et être maman, ça fuck le chien.

Voici X raisons qui expliquent bien pourquoi:

D'abord, organiser la patente. Ceci implique être au téléphone souvent afin de mettre en branle quand on pratique, où on pratique, avec qui on pratique, sur quelle guitare on pratique. Être au téléphone est en soi bougrement chiant quand on est parent. Pour cause, il y a un curieux phénomène qui se produit lorqu'on communique à des chummés par téléphone: les kids se transforment en êtres criards et/ou braillards. Ils se tapent dessus en se traitant de pipi-caca (l'insulte suprême pour les 5 ans et moins) et en moins de deux y'a un bordel incroyable. Malgré la magie du sans fil qui vous permet d'aller vous cacher dans le plus profond de votre garde-robe le temps de la conversation, les gosses viendront taper dans la porte en guise d'amour et d'attention maternel. C'est à la limite de l'insuportable. Notez que le problème se résout de lui-même à la minute où vous raccrochez le combiné. Ravis, ils vont vaquer à leurs occupations de mômes sans même vous reporter attention. Y'a de quoi s'exclamer: Viarge!

Ensuite, il faut pratiquer un peu ses pièces en solo, histoire d'arriver préparé avec le groupe. Sortir la guitare et chanter tout bas, bien qu'à moitié efficace, fait intime et les enfants ne se rendent pas trop compte que vous tramez quelque chose sans eux. Jusqu'à ce que l'un d'eux, le plus petit, s'interroge à haute voix genre: "Heille, où maman?" Ça en sera foutu de la répétition alors que l'enfant, le plus petit, arrivera à votre hauteur en criant: "NOOOOON! ARRÊTE MAMAN! MOI AIME PAS ÇA CETTE CHANSON LÀ!!" Soupir.

Frustrée, vous, Maman de rock, allez tapocher sur votre drum. Là encore, y'aura un enfant dans vos pattes qui criera que C'EST TROP FORT MAMAN! en se bouchant les oreilles. Re-soupir que vous vous exclamerez en donnant un dernier coup TRÈS fort sur le snair.

Autre raison qui fait qu'être mère et rocker c'est pas yable. Quand viens le temps de rapatrier le matériel pour le mettre dans la voiture, soyez assurez qu'il y aura incessamment des enfants dans vos jambes qui vous demanderont moult cossins comme un verre de lait, un nouveau jouet, une main pour essuyer un popotin. Un conseil: prudence avec les amplis sur les petites orteils d'enfants fatiguants: une seule fois suffit la plupart du temps pour les éloignez de vous un bon 5 minutes. Au delà d'une fois, ils y a un risque que vous deviez consulter un médecin pour cause d'orteil cassée et god damn que vous n'en avez pas le temps. Si l'enfants revient, jappez en fesant de gros yeux.

Le soir du concert, il est de mise de se poupounner. Ça fait partie de la game et c'est un moment rempli de fébrilité. Les nerfs commencent à être tendus, le stress commence à prendre beaucoup de place dans l'estomac même si au préalable, il n'était pas invité. La maman de rock n'est pas parlable, elle tétaille une bière entre deux tentatives d'application d'eye liner. C'est une évidence qu'encore une fois, il y aura les gamins qui vous pousseront à bout et que sous le coup de l'émotion, vous aurez une belle ligne d'eye liner qui chiera jusqu'en enfer dans votre face. Full équeurantite de cette vie pas fine, la maman de rock capitche qu'elle devrait penser à laisser tomber les mots de rock dans l'expression maman de rock.

Le concert est terminé. Vous êtes détendues. Vous n'en avez que faire des enfants qui dorment à la maison. Plus question de tétailler la bière: à grande floppée, vous l'envoyez valsez avec votre gorgoton jusqu'à ce que coma ethylique s'en suive. Vous riez de la situation. Une fois à la maison vers les 4 h du matins, les enfants vous entendent rentrer et ils se mettent à chialer: l'un veut faire pipi et réquisitionne votre aide, l'autre se découvre subitement une trouille terrible des monstres. Une fois le rush passé, vous déboulez presque les escaliers en sacrant. Ceci n'a rien de drôle.

Le lendemain, malgré toute la bonne volonté du père de la marmaille à l'empêcher de vous embêter, ses efforts seront vains et à 8 h, il y aura vos mômes dans le lit en train de vous sautez dessus en riant, fesant fi de votre drôle d'allure de lendemain de veille, mal démaquillée, incappable d'enligner deux mots.

Et malgré la brume dans votre tête, il y aura cette très claire phrase qui défilera dans votre esprit: être mère et rocker, ça fuck le chien en sale.

samedi 12 juillet 2008

Pas jojo

J'vous ai pas dit?

Mon blog, il est full sain et sauf.

Oué, oué, sain et sauf.

Au journal, on n'a pas voulu que je conserve mon identité HANI, sous prétexte que ça ne faisait pas sérieux. Me voyant donc relégué au rang des communes ANNIE, je me suis tout de même réjouie de la chose quand je réalisa que mon problème de kessé-je-fais-avec-mon-blog était réglé.

Appelez-moi donc Hani le clown.

Ou Annie la journaliste.

Mais pas les deux.

Un dernier commentaire sur le journal: Je n'ai pas ma chronique finalement (chouuuuuuuu) et la photo qui coiffe mes articles est la chose la plus laide qu'il m'a été donné de voir de ma vie.

Et je ne dis pas cela avec un foutu accent de princesse.

Mon entourage est super poli sur le sujet et met des gants blancs pour m'en jaser.

Ça donne des commentaires comme: "Ben non Hani, elle est pas laide ta photo. C'est juste que..ben tu ne te ressembles pas?"

Ou encore:

"My god!? Qui c'est le photographe qui a prit pareil cliché?! j'veux dire...euh... c'est comme pas vraiment toi..."

Et ainsi de suite jusqu'à ce que je tombe sur des gens francs, genre un Français (toujours franc des français voyons) qui s'exclame: " Rrrrrolala! T'as une belle tête de vainqueur"

En rafale

- Dépressive après une longue journée merdique au boulot, je n'avais pas envie d'entendre le blabla Radio-Canadien durant mon trajet du retour. Au gré du hasard, j'ai pigé dans le tas de cassettes qui tapissent le plancher de mon baz pour en extirper une à l'allure anonyme (ben oui, j'ai encore des cassettes...). Ma surprise fût totale quand j'entendis Toy Dolls résonner dans mon habitacle. Toute heureuse d'avoir retrouver ce bel enregistrement, je suis rentrée chez moi festive et un ti-peu plus hyperactive.

- J'ai bu du vin lors d'un vernissage que je couvrais pour le journal. Je m'y sentais imposteure et tellement pas journaliste. Du coup, j'avais envie de boire salement plus, au frais du musée.

- La dame préposée à l'accueil du Musée de l'auto ancienne de Richmond a comme tâches de faire payer les clients et de faire des modèles à coller de chars miniatures dans le but de les revendre comme gogosse de souvenir. Le job que tous ti-gars rêveraient d'avoir.

- J'ai reçu un drum pour mon anniversaire. Je tapoche et ça m'amuse. Mais ça me fait aussi pogner les nerfs parce que je suis incappable de piger la fichue toune des Calamités qui me semble pourtant simple. Je me rabats sur des chansons d'Ac Dc en me pensant ben bonne.

- On a changé le bureau d'ordinateur de place et j'ai maintenant une belle vue sur la corde à linge du voisin. En ce moment, elle aborde une série de serviettes de plage à l'effigie de chevreuils. Criss c'est laitte.

- Les Bébés Requins m'ont demandé de monter sur scène avec eux lors de leur prestation au OFF Fête du Lac. Note à moi-même: Trouver du temps pour faire la lecture d'un ouvrage sur comment dire non. Je me console en me disant que tout le monde sera au Parc Jacques-Cartier ce soir-là, au spectacle de CCR.

- Ma mère garde les enfants pour le week-end. Comme activité de couple aujourd'hui, nous allons faire euthanasier notre vieux chat malade. Si c'est pas romantique ça mes amis...J'ai envie de sortir le porte-jarretelle pour l'occazz.



J'ai le coeur brisé.

mercredi 2 juillet 2008

Les parents, ces grands niaiseux

Moi je ne me gêne pas pour le dire : des parents, c’est hyper niaiseux.

Je m’inclus dans le lot des niaiseux bien évidemment.

Mais ce n’est pas de notre faute! C’est la faute de nos enfants!

Ainsi…

Allez à l’épicerie avec ses gosses, c’est l’obligation de visiter l’allée qui ne sert à rien. Vous savez bien, l’allée où l’on nous vend des serviettes de plage, de la vaisselle à camping fluos, des essuie-tout à motifs funky et des bébelles cheap de saison. On y est bien obligé car y’a des petites voix fluttées dans le carrosse qui s’unissent pour scander des sivouplait maman, sivouplait maman, on va là maman!
C’est donc excédé par les cris que vous n’écoutez plus votre raison et que vous enlignez le panier directement dans l’allée maudite. Forcément vous finirez par mettre dans le panier un poussin-de-Pâques-qui-fait-pit-pit-pit à prix réduit parce que ce n’est plus Pâques depuis 4 mois ainsi qu’un 6 packs de cossins à faire des bulles. Je dis forcément car bien sûr, les fruits de vos entrailles vous auront fait la passe de mouiller leurs yeux et de faire trembloter leurs mentons de manière épouvantable afin de vous fait savoir qu’ils sont vraiment tristes quand vous leur dites non. C’est donc avec l’espoir de réparer votre cœur brisé que vous cédez à votre descendance, en sachant très bien que le poussin-de-Pâques-qui-fait-pit-pit-pit connaîtra son moment de gloire dans la voiture, durant le trajet épicerie/maison, mais qu’une fois arrivée à la dite maison, il ira rejoindre la montagne de bébelles à moitié crevées qui traînent dans le coffre à jouet. Voué à une mort certaine qu’il est le poussin-de-Pâques-qui-fait-pit-pit-pit mais VOUS L’ACHETEZ QUAND MÊME.

Ainsi…

Allez mettre de l’essence dans la voiture, c’est synonyme de dépenser un peu plus pour acheter un bidule poussiéreux qui traîne dans le fond du magasin et que personne ne soupçonnait l’existence avant que des yeux d’enfants ne le découvre. C’est donc atteint du syndrome j’ai-un-coup-de-foudre-pour-ce-cossin-j’en-ai-BESOIN, que votre rejeton vous convaincra de le lui acheter (il faut dire que votre enfant a effectué une troublante imitation de crise d’épilepsie accompagnée de cris et de morve et que tout ça pesaient fort dans la balance). Ce pourquoi vous cédez. Si c’est pas niaiseux comme comportement ça.

Ainsi…

Allez à la quincaillerie pour acheter une poignée de vis, c’est inévitablement un détour par la section piscine de la place où vos enfants y ont aperçu, comble de malheur, un gros épaulard gonflable. Vous sentant d’attaque pour dire NON aux mômes, avec comme excuse béton que vous n’avez pas de piscine, il semble bien que votre argument massue ne tienne pas la route devant vos rejetons qui s’époumonent que
Mamy-a-l’en-a-une-piscine-on-a-juste-à-l’amener-chez-Mamy-le-poisson .
L’épaulard prendra finalement place dans le panier et vous finirez par oublier d’acheter votre poignée de vis. De la fine niaiserie.

Ainsi…

Vos enfants trouveront toujours le moyen de vous enfirouaper...

Mais moi j’ai décidé que la niaiserie avait assez duré.

Ainsi…

J’ai appris à dire NON plus souvent et je me suis rendue compte que tout le monde y survivait. J’ai appris que les fausses crises d’épilepsie, si on les fait soi-même à ses enfants, ça refroidi leurs ardeurs à recommencer. Finalement, j’ai fait un méga ménage du coffre à jouets, le vidant de la moitié de son contenu. Cette moitié de contenu, j’ai pris soin d’aller la cacher dans la cave. Trois mois plus tard j’ai ressorti le tout afin de faire une rotation de bébelles. Z’auriez dû voir la bouille des gamins; un vrai matin de Noël...

Et c’est là que j’ai décidé que c’était les enfants les niaiseux finalement.

mercredi 18 juin 2008

Veut faire pipi Mamannnnnnnnn!!

Par les temps qui courent, je redécouvre un truc complètement abominable que mon cerveau avait relégué au département de l’Amnésie, et ce au même titre que coller sa langue sur un poteau de métal gelé à quatre ans, la désagréable sensation qu’on éprouve quand on nous oblige à nous asseoir sur le Père Noël à six ans, faire rire de soi dans la cours d’école, accoucher ou encore désinfecter à l'alcool un bout de nombril mort de nouveau-né (merci à Jérôme pour le rappel).

Ces temps-ci je redécouvre...(attention, taratata de tambours SVP).. les joies de mettre un enfant propre!

J’avais oublié à quel point c’est la poisse total.

Et si c’était reclus très loin dans ma zone cocoïdale c’est qu’il y a maintenant belles lurettes que mon grand de 5 ans s’essuie la foufoune tout seul. Qui plus est, il ne me réclame plus à grands cris pour que je l’asseye sur le siège de toilette. Maître pompier, Arno arrose maintenant debout. Et il vise bien.

C’est donc une redécouverte pour moi que de me faire gueuler dessus à tout heure du jour et de la nuit pour une affaire de trois gouttes qui, à première vue, semblait tout désigné comme étant un code rouge d’urgence terrible. Ce qui me porte à estimer que les petits qui deviennent propres, c’est comme les femmes enceintes : ça fait pipi aux 15 minutes et le résultat est toujours décevant.

Le pire je crois bien, c’est quand vient l’heure du dodo.

Pas encore expert dans l’art de se retenir sur une très longue période, Loulou porte élégamment la couche pour son cycle de nuit. Sauf qu’une fois bercé, dorloté, gavé d’images de camions, bordé et prêt à s’abandonner à Morphée, je ne fait que commencer à avoir du fun...

« Veut faire pipi Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan! »

Et il persiste et signe même si deux minutes plus tôt, assis sur la pissotière, il poussait bien haut la note dans une chanson à la gloire du pipi qui quittait son corps pour s’en aller au Pays des Pipis, là où tous les pipis de la vie sont enfin réunis …

Ainsi, je monte le chercher. Je lui enlève sa couche, l’assois sur la toilette.

Deux gouttes.

Je lui remets sa couche, je l’installe confortablement dans son lit, entre son ourson et sa doudou défraîchie, je le borde et je m’en vais. J’ai juste le temps de m’asseoir avant de réentendre :« Veut faire pipi Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan! »

Et la blague peut s’éterniser comme ça durant une bonne heure. Vous conviendrez donc avec moi qu’elle peut s’avérée dépassé un moment donné. Un peu comme quand on se fait chanter Pète pis Répète s’en vont en bateau, Pète tombe à l’eau qui qui reste une bonne quinzaine de fois. Ça peut devenir franchement agaçant.

Quand enfin la loutre qu'est Loulou s’endors, me laissant le loisir d’enlever la broue de mon toupet et de constater que ma mèche a été franchement écourtée, il est presquement l’heure pour moi d’aller au lit.

La suite de mon histoire est tellement prévisible. À 2 h du matin, c’est inévitable qu’un retentissant « Veut faire pipi Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan! » me tire brusquement du sommeil.

Et c’est en toute conscience de la non pédagogie des mots qui risquent de sortir de ma bouche que je me mord les joues pour ne pas gueuler « Ben fais-le dans ta couuuuuuuuuuche! »

vendredi 6 juin 2008

Anarchy in the 3e âge

Je vais vous dire un truc : personnellement, j’estime que les grands-parents sont de grands anarchistes.

Absolument.

Il faut les voir à l’œuvre, cette bande de délinquants, c’est du joli.

Rien qu’à voir à quel point la bonbonnière est remplie, comment luit l’étincelle de la moquerie dans leurs yeux, comment ils peuvent passer de 55 ans à 5 ans en l’espace d’une nano-seconde, on se doute bien que nous, simples parents, allons nous en faire passer quelques petites vites dans le dos.

Et même si à grands coups d’avertissements sérieux avec en prime le sourcil relevé de sévérité, on leur explique le sens de la vie à ses délinquants du troisième âge, ils s’en balancent comme de leurs dernières chemises.

Des fous-dangereux.

Voyez par vous-même le tableau.

Maman- Merci beaucoup de garder les enfants pour le week-end! Juste avant que je quitte, j’aimerais seulement d’aviser de quelques trucs. D’abord, le sucre du XXIe siècle fait des ravages sur le comportement des enfants. PAS DE SUCRE.

Mamy- Pas de sucre, c’est noté.

Maman- La routine est très importante pour eux, tu te dois de la respecter à la lettre. Alors pour les deux, c’est le bain à 19h. Tu couches le bébé tout de suite après en lui racontant une histoire et en lui donnant un biberon de lait. Le plus grand a droit a une collation devant un épisode de Passe-Partout pendant ce temps. Son heure du dodo est fixé à 20h. Une histoire est requise.

Mamy- Compris.

Maman- J’essaie de mettre bébé propre alors je t’ai laissé des couches-culottes…au cas où. Il en porte une en ce moment.

Mamy- C’est bien.

Maman- Pour les repas, essaie de t’en tenir au guide alimentaire canadien.


Mamy- Évidemment.

Maman- Bon, s’il a quelque chose, tu peux me rejoindre à la maison sauf ce soir, je serai au théâtre, attends, je dois bien avoir le numéro quelq..

Mamy- Ça va, j’ai déjà eu des enfants je te rappelle.

Et en me disant cela, elle ouvre la porte en me poussant dans le dos, juste comme j’allais lui parler du tempra dans la poche gauche du sac à couche, du thermomètre dans la même poche, de ne pas oublier de leur brosser les dents, du numéro d’info-santé qui est dans la poche droite d…Bref, je me fais virer.

Et sitôt la porte fermée, j’entends la Mamy s’écrier d’un ton joyeux : « Maman est partie! Tournée de popcycles!!» suivi d’un « pour dîner vous préférez la pizza ou les hot-dog? Bah, je vais faire les deux » et aussi j’entends : « ce soir, on se couche à pas-d’heure, j’ai loué un film de monstres » et cette surprenante phrase : « Bébé, on s’en va jouer dehors, enlève ta couche, tu feras pipi dans l’herbe . »

Si c’est pas de l’anarchisme pur et dur ça mes amis…

lundi 26 mai 2008

Un troisième

Chéri, je suis prête.

J'en veux un troisième.

Oui, oui, un troisième.

Je sais bien que déjà avec deux, on trouve ça difficile parfois. Ils nous demandent du temps, ils nous coûtent de l'argent, ils salopent la maison, ils chialent souvent et c'est bien rares qu'ils nous disent merci...

Mais l'amour, mon Amour, l'amour...

Imagine-toi les dimanches matins, toute la grande famille blottie dans le lit, juste ensemble. L'harmonie, la douceur, les rires. Les dimanches matins, y'a pas à dire c'est salement chouette.

Oui Chéri, j'en veux un troisième.

Un tout petit être avec qui, au début, je pourrais partager mon oreiller. Amoureusement collé contre moi, sa maman. Tout petit, tout petit.

Et qu'à chaque jour, on ne pourrait que s'extasier devant ses progrès, ses mimiques. Je l'aurais constamment dans les bras c'est certain.

Dis oui mon Amour, on agrandit la famille. Je suis rendue là dans ma vie.

Et puis, depuis un moment, je cogite des prénoms pour lui dans ma tête. Mon choix s'est arrêté sur Jésus.
Oui, je sais, c'est lourd à porter comme prénom. Mais n'y a-t'il pas un joueur de hockey qui s'appelle Satan?

De toute façon, pour un chaton, avoue que ce serait parfait...

mercredi 21 mai 2008

Loto-Clinique

Hier, j'ai joué à la loto.

Loto-Clinique que ça s'appelle.

Du gros fun sale.

Qu'est-ce qu'on gagne avec ça vous demandez-vous d'un air intrigué? On gagne un quinze minutes en tête à tête avec un médecin dans la journée même.

En voulez-vous du chalenge? Ça en est tout plein ça. Et au même titre qu'un gratteux, il y a un risque de s'abimer les doigts.

Loto-Clinique, ça se joue à la Clinique Saint-Vincent à Sherbrooke. Cette clinique, je l'ai eu dans ma face à tous les jours pendant 3 ans, elle était ma voisine d'en face. C'est pratique une clinique sans rendez-vous de l'autre côté de la rue: tu traverses, tu t'inscris, tu reviens à la maison, le temps d'écouter les Saisons de Clodine et Ricardo, et tu y retournes avec un air baveux. En moins de deux, c'est ton tour. Ça fait chier tout le monde. Persuadés qu'ils sont, le monde, que tu les bypass.

C'était le bon temps.

Et il n'est plus.

Fini ce temps où il fesait bon perdre une journée complète dans une salle d'attente en compagnie de deux-trois vieux à moitié cassés, d'une couple de matantes hystériques et d'une floppée de braillards morveux: la clinique vient d'instaurer un nouveau système. Dès 8h, la ligne téléphonique est ouverte et on prend les appels jusqu'à ce que les cases disponibles de rendez-vous de la journée et de la soirée soient complètent.

Et va pas te montrer la face là en live, Johnné, tu seras viré.

Mais Hani, grande dame de la perte de temps, où est le chalenge?

Le chalenge, mes p'tits coeurs, c'est d'avoir la ligne bâtard!

À 7h56, j'ai fait un premier appel, juste pour avoir le numéro en mémoire sur mon téléphone. Parce que, heille Johnné, tu vas quand même pas pitonner le numéro à chaque fois hein? Redial, ça devient ton ami.

À 7h57, je regardais mon téléphone, le doigt prêt et j'entendais mentalement des bagnoles de courses juste avant le départ. Un bruit de rinçage de moteur. Je suis persuadée que le tout-sherbrooke-malade-qui-voulait-une-place-à-St-Vincent entendait la même chose dans sa tête, le doigt aussi prêt que le mien sur leur bouton redial. Peut-être pas aussi. Peut-être que c'est juste moi qui entendait ça.

À 7h58, n'y tenant plus, j'ai pesé sur le piton.

En même temps que le tout-sherbrooke-malade-qui-voulait-une-place-à-St-Vincent.

Alors, dans ma tête, les bruits de bagnoles qui se rincent le moteur se sont transformés en bruits de carambolage. Tout le monde est parti en même temps. Ça a fait kapout.

Engagée qu'elle était la ligne.

Grrrrrr.

Dans un cas comme celui-ci, pour avoir la ligne, l'important c'est de se faire une routine: peser sur le piton "Talk", peser sur le piton "Redial", écouter, sacrer, repeser sur le piton "talk" pour raccrocher. On fait ça à la vitesse de l'éclair et on ne prend pas de pause.

Ok Johnné? Pas de pause, sinon, c'est une matante hystérique qui va avoir la ligne.

Un moment donné j'ai voulu gagner encore plus de temps, j'ai sauté l'étape de l'écoute: j'ai monté le volume de mon téléphone au maximum afin de bien entendre sans avoir à me coller l'oreille sur le combiné.

Mon deuxième nom, c'est Efficacité.

Il faut toutefois faire attention avec la routine. Parce qu'une fois qu'elle est bien ancrée, il se peut que tout d'un coup la ligne soit libérée mais que votre doigt, par habitude, pèse sur le piton pour raccrocher. Et ça, ça ne fait pas que faire sacrer, ça oblige aussi à aller frapper sa tête sur un mur et à s'en vouloir pour toute la vie. Toute la vie, Johnné, penses-y.

Je dis ça comme ça parce qu'à 8h06 très exactement, au lieu d'entendre le son crissant d'une ligne engagée, j'ai entendu une sonnerie. Et que mon index, il a bien failli peser sur "talk". Je l'ai engueulé solide pendant qu'on me mettait en attente.

J'ai eu un rendez-vous pour 11h15. Il était 8h06. Les visites débutent à 9h, c'est quinze minutes du malade. J'étais finalement la 10e chanceuse à gagner. À ce rythme-là, à 9h, la journée et la soirée sont déjà bookées. Pas de bol pour les vieux à moitiés cassés qui ne sont pas trop rapides sur le piton.

Bon, alors, tout ça pour dire que j'ai gagné à loto-clinique et que Arno, il fait une otite.

lundi 12 mai 2008

Je me bidonne

Ce serait d'un égoïsme extrême que de garder jalousement ceci pour moi seule.



Tous les ingrédients sont réunis pour me faire faire pipi dessus: Le chat surprise, la belle nouvelle, la fillette en pleurs, la fête à l'eau.

jeudi 8 mai 2008

De mauvais goût

Arno: Maman! Maman! Devine ce que j'ai fait aujourd'hui à la garderie?

Maman: Heu... Attends... T'as recréé une version pour enfants de la comédie musical Grease?

Arno: Non? J'ai fait de la crottinette!

Maman: De la crottinette? Vraiment?

Arno: Oui, oui, Maman, de la crottinette!



Bon.

Parlez-moi de ça une garderie scatophile.

vendredi 2 mai 2008

La parole est à Arno

Je veux du jus.

Du jus qui pétille.

Mes parents, c’est ça qu’y z’ont trouvé comme alternative aux boissons gazeuses. Jus 100% pur + eau Perrier.

Je n’y vois que du feu.

De toute façon, je ne sais même pas ce que veut dire ‘alternative’.

Ni même l’expression n’y voir que du feu.

Du feu, y’en a sur ma piste Hotweels.

Je veux du jus.

Mais Maman n’écoute pas.

Elle s’époumone sur une chanson bizarre au lieu de m’écouter. Ça fait genre : ‘Let it be, let it be, let it be’.

Je la regarde faire, ma mère, la mienne à moi que j’ai.

Faire le souper et me répondre sur le même air que Let It Be : ‘Au souper, au souper, au souper, au souper, t’auras du jus qui pétille au soupééééééééééééééé ÉÉÉÉÉ’ (Notez qu’elle est montée hyper haut dans les aigus là, ma mienne de mère)

J’aimerais bien connaître Tom Waits pour pouvoir le citer.

I don’t want to grow up.

C’est très fâchant que je ne connaisse pas encore ce Monsieur. Car c’est réellement ce que j’aurais envie de dire.

C’est bizarre les vieux.

Je suis tannée de l’entendre chanter ma mère.

Je veux zuste du zus qui pétille.

Un grand verre, maintenant, juste avant le souper. Je m’en fous moi de ne plus avoir faim après.

C’est donc ben compliqué pour rien être un adulte.

I don’t want to grow up.

Peut-être un peu au fond. Asser en tout cas pour être capable de me le faire moi-même mon jus qui pétille.

En cachette.

Dans son dos…

Mais comme elle est rusée comme un singe, elle découvrirait sûrement mes plans.



… ….

Bof, je n’aurai qu’à lui répondre :

‘Let it be, let it be, let it be….’