Aujourd'hui j'ai une petite pensée pour Roxanne, la blonde de mon cousin Daniel qui s'en va au front demain.
Par là, j'entend qu'elle s'est va mettre au monde un tout-petit-bout-d'-enfant. C'est déjà tout prévu pour elle.
C'est étrange d'être provoquer. De se coucher, la veille, et de se dire: c'est demain. Demain que commence le plus grand rôle de ma vie. Demain, je vais respirer en ti-chien. Demain, je vais souffrir. Demain, je tiendrai enfin dans mes bras ce qui se niche au creux de mon bid depuis 9 mois, un être à part entière, créé par moi (et bon, un ti-peu par le papa aussi...) Demain, je serai une maman.
Je le sais tellement. Ça m'est arrivé deux fois.
On se sent tellement imposteure de se présenter à l'étage de maternité sans contractions, sans chaise roulante, sur nos deux pattes, la crainte dans les yeux et de dire: Bonjour, je m'appelle une-telle, je m'en viens accoucher...
On range ses fringues dans le garde-rode, on enfile la fameuse jackette-bleue-founes-à-l'air, ça nous donne l'air malade, on se sent pas à sa place, on veut sa mère, on veut sa doudou. On a le goût le dire:" oui mais je suis pas malade..."
On s'alite. On se fait piquer. Le soluté fait sa job. Les contractions débutent. On commence à se dire que finalement, on est peut-être à sa place. On endure. On se fait dire par une infirmière de ne pas s'en faire, que c'est normal de défèquer durant la poussée. on dit QUOI???!!!??????, on dit:"Y'A PERSONNE QUI M'A PARLÉ DE ÇA????!!! NI DANS LES LIVRES, NI DANS LES COURS PRÉNATAUX!!?!? On veut pu accoucher. On veut s'en aller ailleurs, là où les bébés naissent dans des feuilles de choux et non par des poussée qui font sortir des euh...hum..eeee...vous savez quoi.
On passe par toute la gamme d'émotion possible et imaginable. On s'endure pu, on veut de l'eau, on veut un bain, on veut pu d'eau, on veut sortir du bain, on veut une cigarette, on peut pas fumer, on veut la paix, on veut un ami, on veut de la musique, on veut pas cette chanson là, on veut de la réglisse, on aime pas la réglisse, on veut une épaule pour mordre, on veut la péridurale.
Péridurale. Invention divine.
Ensuite, on relax. On rie. On lit des magazines à potins parce qu'on a pas envie d'être concentrée sur quelque chose de sérieux. On se dit que ça aurait pu être pratique d'être un as de l'origami pour passer le temps.
Puis, un moment donné ça recommence. On cherche l'épaule à mordre, on fait le ti-chien. On chiale que la péridurale marche pu...Le infirmières sont folles raides, toutes contentes de savoir qu'on a mal, la preuve que le bébé effectue sa décente.
C'est long.
Ça y'est.
On se fait donner le signal de départ. On pousse. On s'est calisse ben de ce qui sortira, tant que ça arrête un moment donné. On pousse,on respire, on pousse, on respire, on pousse, on respire, on pousse.
Le temps s'arrête.
On dépose dans nos bras une tite-affaire-d'enfant. Une puce dans l'univers. Notre puce qui vient chambouler notre univers. Incroyable comme il est beau.

On le regarde en braillant. On n'en reviens pas. On ne peut plus détacher notre regard du petit-elfe. On comprends maintenant d'un coup, toutes les craintes qu'on pu éprouver nos propres parents face à nous. On veut que jamais, il lui arrive quelque chose de mal.
On est en amour.
On est une maman.
La maman de quelqu'un.
Le temps repartira pour ne plus jamais s'arrêter. Avec l'arrivée des poupons, on aura l'impression qu'il roulera 15 fois plus vite qu'avant. C'est weird la vie. C'est beau la vie.
Bonne chance pour demain ma belle Roxanne...
By the way, il ne me reste que 18 jours de 27 ans.